amitie selon schopenhauer amour galanterie france
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bonsoir a toi
c'est l'heure pour moi de passer
dans ton bel univers déposer un petit
comment aire d'amiti
Par Chrys, le 10.05.2011
il est l'heure pour moi
de venir chez toi
pour te souhaiter
une belle et douce nuit toute dorée
et une b
Par boumbavlg91, le 08.05.2011
bjr corinne albaut très belle poesie
Par nancy, le 08.05.2011
bonsoir mary je te souhaite une bonne soirée bon dimanche ainsi
qu'un e bonne semaine avec plein de gros bi
Par leyla, le 07.05.2011
ami de la toile
je reprend la grand voile
et viens avec toute mon amitié
te souhaiter une bonne soirée
et
Par boumbavlg91, le 06.05.2011
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Date de création : 25.01.2010
Dernière mise à jour :
15.01.2013
642 articles
SOURCE ILLUSTRATIONhttp://deviantart.com
AMOUR PRECIEUX, AMOUR GALANT (1650-1675) - J. M. PELOUS
Essai sur la représentation de l'amour dans la littérature et la société mondaines.
(Thèse soutenue devant l'Université de Paris IV en Juin 1976)
EXTRAITS CHOISIS :
Ainsi que le rappelle le sous-titre, cette étude est un essai d'analyse descriptive de l'amour mondain durant les premières années du règne de Louis XIV.
…Un premier aperçu global peut être donné grâce à une particularité curieuse de la littérature de l'amour des années 1654 et suivantes. On y rencontre un ensemble de "cartes" amoureuses (la plus connue étant la Carte de Tendre) dont la comparaison laisse entrevoir une organisation cohérente du monde de l'amour.
Au pays de Tendre règne encore une orthodoxie qui présente l'aventure amoureuse comme une suite d'épreuves qui doit mener à une perfection donnée pour a peu près inaccessible. Car, même chez ces traditionalistes, on commence à se demander s'il ne serait pas opportun d'en rabattre un peu sur un trop ambitieux programme et de se replier en bon ordre de l'Amour idéal vers l'Amitié. En face, sur les terres hérétiques de la Coquetterie ou de la Galanterie, on ne pratique plus les rites "tendres" que par habitude et dans un évident esprit de dérision, Bref, toute la "géographie" amoureuse fait encore référence a une même description de l'amour, mais un mouvement général d'abandon se dessine.
Une étude plus approfondie semble confirmer ces premières constatations. Tous les auteurs sont unanimes pour affirmer qu'il existe des Lois de l'Amour et il suffit de relire les romans, tragi-comédies et tragédies du temps pour se faire une idée de cette légalité amoureuse. Le parfait amant se trouve pris dans un réseau d'obligations humiliantes et souvent contradictoires : il doit taire son amour, faire abandon de sa liberté sans grand espoir de récompense.
L'amour fonde la suprématie féminine : grandes bénéficiaires du système , les dames , à condition de faire preuve d'une "cruauté" sans faille, sont assurées de recevoir un continuel tribut d'hommages et l'Amour leur confère un pouvoir qui efface leur infirmité sociale. La religion de l'amour tend à se confondre avec le culte de la femme. Telles sont, sans entrer dans les détails d'une jurisprudence compliquée, les grandes lignes de la représentation "tendre" de 1 ' amour .
…On constate d'abord que le système "tendre" détermine presque tous les comportements amoureux décrits par la littérature et imprègne tout langage amoureux. C'est à cette vision commune que renvoient les "feux", les "fers", les "martyres" ou la volonté universellement proclamée de "mourir d'amour" ; entre 1650 et 1670, de Louis XIV à Monsieur Jourdain, tous les Français parlent encore cette même langue de l'amour.
Il ne s'ensuit pas que cette représentation corresponde à la réalité vécue ; les chroniques du temps, l'enseignement des juristes, des gens d'église ou des médecins persuadent aisément du contraire. Le parfait amour, l'impérialisme féminin ne sont que d "agréables fictions" qui donnent des réalités en vue très idéalisée et qui ne vaut plus au-delà de la sphère étroite de la mondanité.
L'amour mondain offre à chacun l'occasion d'actualiser des rêves et de prendre une revanche sur les servitudes de l'existence.
…L'esprit galant qui, après 1650, . s'impose comme mode dominant de représentation de l'amour, se définit par une attitude de contestation ; il le tourne en dérision et en donne, à la faveur d'un renversement ironique des valeurs, un contretype caricatural.
Apparaît alors dans l'expression de l'amour un double registre : l'amour "tendre", sérieux et languissant, conserve son pouvoir d'émotion et continue à faire couler de douces larmes, mais ce même capital de situations et d'images est également exploité par l'ironie "galante" à des fins plaisantes.
Ainsi se crée une littérature badine et enjouée dont les initiateurs furent Voiture et Sarasin ; vidés de leur substance, les rites de l'ancien amour deviennent jeux de société et les vieilles métaphores exsangues sont le point de départ d'une rhétorique divertissante.
On peut même parler d'une esthétique "galante" dont les grandes règles seraient l'enjouement et la variété, ou de "genres" galants qui sont le pastiche ironique de formes existantes (itinéraires, gazettes, etc...).
Non contente d'ironiser sur les habitudes "tendres", la galanterie propose une contre-morale amoureuse ; son idéal s'incarne en la personne du galant homme, inconstant, enjoué, spirituel, sceptique, lequel tend parfois à se confondre avec l'honnête homme louis-quatorzien et trouve dans la jeune Cour son lieu d'épanouissement.
Un écueil cependant, le libertinage, qui est pour la galanterie une tentation et une limite : entre le galant homme inconstant et le libertin, la distance paraît faible encore qu'elle soit considérable en ce sens que le galant homme se contente de dire ce que le libertin est tenté de faire.
Cette distinction caractérise l'esprit de la mondanité qui distingue toujours son domaine propre, le divertissement et l'utopie, des réalités qui ne sont pas de son ressort.
La galanterie répudie l'amour souffrant, mais elle conserve toute sa confiance dans les pouvoirs de l'Amour. Mieux, elle lui voue un culte quasi officiel : les Ballets de Cour, puis: l'Opéra chantent l'universelle bienfaisance d'un dieu capable, à lui seul, de rendre l'humanité heureuse.
… Malgré ces dehors brillants, cette galanterie joyeuse n'est qu'un beau mirage dont personne n'est vraiment dupe. Comme en témoigne le jeu stérile des questions d'amour, la société galante n'est en possession d'aucune certitude sur la nature de l'amour.
Condamnée au mensonge dans la mesure où elle conserve, sans y adhérer, les formes "tendres", la sensibilité galante aspire, confusément encore, à plus de sincérité et à plus, de simplicité.
…A ce moment de l'étude, il était nécessaire de revenir en arrière afin de réexaminer le problème de la Préciosité et des Précieuses. Sans préjuger du sens et de la nature des faits, il importait, une nouvelle fois, de les décrire.
Si l'on s'en tient aux quelques années où les Précieuses furent en vogue (début 1654-été 1661) , le phénomène précieux frappe d'abord par son caractère énigmatique et confus.
On parle beaucoup d'une "secte précieuse", d'une conspiration de femmes qui ambitionnent,
par divers moyens, de se donner du "prix".
Après quoi, les témoignages divergent : il est impossible de savoir si les Précieuses aspirent à se retirer du monde ou à y jouer un rôle à la mesure de leurs prétentions, si elles se refusent à toute forme d'amour ou si elles optent pour l'amitié amoureuse, à moins qu'elles ne soient à ce point perverties qu'elles se refusent à leurs galants pour mieux se donner à leurs maris, .encore que certains voient en elles des adversaires résolues de la tyrannie conjugale.
Leur grand projet de réformer la langue est aussi peu cohérent : tentent-elles de l'enrichir par des mots nouveaux, de la purifier en pourchassant les "saletés", ou leur ambition ne serait-elle pas de créer, à leur propre usage, une nouvelle langue , autonome .?
Une première lecture du dossier ne permet pas d'en décider. Mais commence à poindre le soupçon que la Précieuse risque de n'avoir jamais existé que comme être de raison, réincarnation de quelques travers éternels de la femme, au même titre que la prude ou la femme savante.
Il faut alors chercher dans la chronique mondaine une explication de ces mystères. Les Précieuses ont fâcheuse réputation ; le terme prend toujours un sens si défavorable que jamais aucune femme du monde n'a revendiqué la qualité de "précieuse".
Certaines qui, comme Melle de Montpensier, sembleraient- présenter tous les caractères distinctifs de la "préciosité", se trouvent paradoxalement dans le camp adverse.
La vérité sur les Précieuses tient en deux affirmations contradictoires : toute femme est une Précieuse en puissance, aucune ne se reconnaît pour telle.
Bref, les Précieuses, ce sont toujours les autres et il n'existe pas dans le monde, une catégorie de femmes distinctes des autres qui, de ce fait, mériteraient le nom de Précieuses. Sans doute parle-t-on de "véritables" Précieuses, mais on ne les nomme jamais.
…Il est d'abord probable que la galanterie triomphante caricature dans les Précieuses une manière d'aimer qu'elle réprouve : la morale amoureuse qu'on leur prête est en effet très proche des anciennes exigences "tendres".
Par Précieuses interposées, l'esprit galant condamne le féminisme et les grandes utopies amoureuses. Plus généralement, les Précieuses incarnent les défauts potentiels de la nature féminine.
De la même manière, leur langage est la quintessence des déviations latentes du style mondain. Molière et Somaize inventent la "langue" précieuse en juxtaposant des faits de langue empruntés soit à l'actualité mondaine, soit aux meilleurs auteurs.
Il n'y a rien dans la légende des Précieuses qui ne corresponde à quelque préoccupation du temps ; mais le mythe recompose arbitrairement ces vérités partielles.
Cependant on a fini par croire que les Précieuses représentaient leur époque de la plus authentique manière : le problème des Précieuses devient celui de la Préciosité.
Le grand mystère est que la littérature galante, ironique et enjouée, ait pu, après coup, passer pour "précieuse" malgré l'évidente antinomie entre la légèreté galante et le sérieux des Précieuses.
…L'affaire de la Préciosité et des Précieuses montre déjà qu'après 1675 la civilisation galante entre dans une période de décadence : son optimisme enjoué n'est plus de saison.
Dans le domaine propre de l'expression de l'amour, après quelques velléités de retour à l'ordre ancien, c'est à dire à l'amour romanesque et tendre, apparaît bientôt une faille définitive dans la conception mondaine de l'amour.
Sous le prétexte de dénoncer les "désordres de l'amour", la génération de 1680 rompt la vieille alliance entre la mondanité aristocratique et le sentiment amoureux.
La culture mondaine, d'ailleurs remise en cause dans certains de ses modes d'expression comme le roman et le théâtre, se transforme et ne confie plus a l'Amour toutes ses espérances de bonheur sur la terre.
Ainsi s'achève l'histoire de la galanterie amoureuse qui n'était sans doute que la dernière phase d'une plus longue histoire, celle du rêve aristocratique d'une civilisation de l'amour.
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